Le blog des éditions Libertalia

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Vers la plus queer des insurrections sur le site Simonæ

lundi 13 mai 2019 :: Permalien

— REVUE de PRESSE —

Publié sur le site Simonæ (mise en ligne le 8 mai 2019).

Lecture flash #20
Vers la plus queer des insurrections 
de Fray Baroque et Tegan Eanelli

Le mouvement queer insurrectionnel Bash Back ! était un réseau de cellules anarchistes queer actives aux États-Unis entre 2007 et 2011. Il est né d’un appel à la préparation d’une résistance contre les congrès des Partis républicain et démocrate. Durant toute la durée de ce mouvement, ces cellules ont déployé en abondance des réflexions et des mobilisations contre le système hétéro-cisnormatif : d’outils théoriques et pratiques… vers la plus queer des insurrections !
Ces discours ont été rassemblés dans l’ouvrage Queer Ultra Violence : Bash Back ! Anthology, publié en 2011 chez l’éditeur Fray Baroque et traduit en 2016 en français aux éditions Libertalia.
Vers la plus queer des insurrections nous livre des pistes de réflexion militante sur l’articulation entre nos identités et les biopouvoirs, « la force qui régit nos corps mais aussi l’espace entre nos corps », ainsi que des aperçus historiques de la naissance, de l’évolution et de la mort du mouvement Bash Back ! en lui-même.
Rejetant toute forme d’institutionnalisation, ces textes redéfinissent ce qui est queer, en se pensant en dehors du cadre des politiques LGBT+, en dehors d’une normalisation et d’une uniformisation des luttes, des corps et des individu·es. Ils opèrent ainsi une scission de l’appropriation bourgeoise et politicienne de ces luttes, car elle conduit à une acception de ce qui est queer comme synonyme de « L », « G », « B » et « T » : une représentation des personnes queers comme n’aspirant qu’à un idéal de la famille moyenne, au moule hétéronormatif.
Ici, il est rappelé que le queer est au contraire intrinsèquement lié à la rébellion, dans la rue comme dans les corps, ainsi qu’au refus de l’assimilation des identités et de luttes. Ces luttes queers rejettent la normalité dans sa totalité. Ce qui est queer, celleux qui le revendiquent, sont défini·es en opposition aux « personnes normales » : iels (se) pensent en dehors des logiques de pouvoir les marginalisant et les excluant. Cette révolte doit donc se dérouler non par le biais des textes de loi et des universitaires, mais par les individu·es elleux-mêmes.
« En déstabilisant et en problématisant la Normalité, nous pouvons déstabiliser et mettre à mal la Totalité. »
Vers la plus queer des insurrections propose aux personnes queers de lutter, tout simplement, pour leur liberté sous toutes ses formes : une liberté politique (sous l’angle du non-étatisme plutôt que de l’anti-étatisme anarcho-capitaliste, sexuelle et de corps totale. Afin de gagner notre libération sur tous les aspects où l’on en est privé·es.
Dans sa structure même, l’ouvrage rend compte de cette effervescence créatrice insurrectionnelle ayant animé les membres du mouvement : les thèmes abordés, le ton employé – l’humour, parfois grinçant, la colère ou le nihilisme – sont multiples et fluctuants ; comme autant de moyens pour approcher cette insurrection mis à la disposition des lecteurices. Le rapport au genre, à l’identité, à la sexualité, y est problématisé, pour que chacun·e se l’approprie en son for intérieur et devienne à la fois théoricien·ne et combattant·e insurrectionnel·le queer : pour « dynamiter la distinction entre la théorie et la vie ».

Pourquoi le lire ?
Vers la plus queer des insurrections propose aux personnes queers de nombreuses pistes de réflexion à mener dans une société forçant une incorporation au modèle dominant – cisgenre, hétérosexuel, blanc, valide – tout en laissant ces personnes au ban de la société. Il se dégage de cette anthologie une énergie, une ardeur plus que bienvenues et donnant tout son sens au concept de « fierté », susceptible de fleurir en dehors du biopouvoir comme point de référence et d’ancrage. Vers la plus queer des insurrections n’appelle pas à « faire avec » les oppressions, mais à « agir contre » elles.
Toujours pertinents et souvent surprenants par leur approche, ces essais et communiqués sont un délice à lire et sauront à coup sûr réchauffer, de leur flamboyance rose et noire, les cœurs anarcha-queers étouffés sous la grisaille de l’hétéro-cistem.
« Si nous voulons un monde sans retenue, nous devons réduire ce monde en poussière. Il nous faut vivre au-delà de toute mesure, aimer et désirer ravageusement. Il nous faut comprendre et sentir la guerre sociale. Nous pouvons apprendre à être une menace, devenir la plus queer des insurrections. »

Khymaira

La bataille de 732 et son interprétation sur France 3 Nouvelle-Aquitaine

lundi 13 mai 2019 :: Permalien

— REVUE de PRESSE —

Reportage de France 3 Nouvelle-Aquitaine du 27 octobre 2018 sur « la bataille de 732 et son interprétation », avec une intervention de Christophe Naudin, co-auteur de Charles Martel et la bataille de Poitiers :
france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/vienne/poitiers/bataille-poitiers-732-recuperation-politique-autour-victoire-du-mythe-charles-martel-1565380.html

Corinne Morel Darleux sur France Inter

lundi 6 mai 2019 :: Permalien

— REVUE de PRESSE —

L’émission Le focus de la semaine du 4 mai 2019, sur France Inter, recevait Corinne Morel Darleux.

« Conseillère régionale d’Auvergne-Rhône-Alpes pour le Parti de gauche, Corinne Morel Darleux est aussi autrice de L’écologie, un combat pour l’émancipation ainsi que Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce bientôt publié aux éditions Libertalia. Elle décortique pour nous l’écologie radicale actuelle. »

Eugène Varlin ouvrier relieur dans Politis

vendredi 3 mai 2019 :: Permalien

— REVUE de PRESSE —

Paru dans Politis, 2 mai 2019.

Eugène Varlin,
« un exemple »

Heureuse coïncidence, deux ouvrages importants paraissent ce mois-ci, portant sur le même homme, Eugène Varlin. L’ouvrier relieur est l’une des grandes figures de l’Association internationale des travailleurs. Il y fut l’un des rares à défendre le droit des femmes à travailler. Élu de la Commune de Paris, défenseur de l’une des dernières barricades lors de la Semaine sanglante, il sera fusillé le 28 mai 1871, à 32 ans. Ses nombreux écrits (lettres, proclamations) sont désormais rassemblés, présentés par Michèle Audin, aux éditions Libertalia.
Mais, pour celui dont Lissagaray disait que « toute sa vie est un exemple », il fallait un sacré biographe. C’est chose faite avec Jacques Rougerie, le premier et sans doute le plus grand historien de la Commune. Deux livres qui nous font redécouvrir ce défenseur acharné de la justice sociale et nous plongent dans les mois de la Commune et au cœur du monde ouvrier.

LDC et ML

Winter is coming sur le blog L’Horizon et l’infini

vendredi 3 mai 2019 :: Permalien

— REVUE de PRESSE —

Winter is coming sur le blog L’Horizon et l’infini (2 mai 2019).

William Blanc et les éditions Libertalia nous ont habitués à des textes très bien documentés qui ouvrent la voie à une vision « politique » et à des interprétations pas ordinaires des légendes, ou des super-héros et maintenant de la Fantasy.
Winter is coming se présente toutefois au lecteur dans un gabarit différent par rapport aux précédents ouvrages de l’auteur, il s’agit d’un court essai format poche, qui donne envie de dire, j’en veux plus je ne veux pas que le livre se termine !
Écriture fluide et prenante, une fois sur les traces de William Morris, de Tolkien et des autres écrivains que nous retrouvons dans les pages de cet essai l’envie prédominante est de ne pas s’arrêter, de suivre les pistes. L’œuvre de Blanc est de celles qui nous « forcent » à lire davantage sur le sujet grâce aussi aux riches indications « pour aller plus loin » fournies par l’historien. 
J’ai été ravie de découvrir et lire Winter is coming, les parallèles avec notre société et l’actualité sont plus que pertinents. La description de l’inspiration que Tolkien tire de William Morris (incroyable et éclectique personnalité de l’époque victorienne : artiste, penseur politique, traducteur, écrivain et éditeur) est aussi due à l’idée d’une modernité qui n’est pas uniquement porteuse d’un avenir meilleur pour la planète et ses habitants.
Une lecture que je recommande, à partager avec les fans de Game of Thrones certes, mais également avec celles et ceux qui se questionnent et ont envie d’ouvrir leur vision sur la littérature et l’écologie. Winter is coming est bien une métaphore de la menace croissante du réchauffement climatique. Évoquée constamment par les amateurs et les exégètes de l’auteur, cette explication a été confirmée par George R. R. Martin en 2018.
Vous l’aurez compris pour moi c’est encore un livre intelligent chez Libertalia qu’il faut lire !

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