Le blog des éditions Libertalia

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La Révolution russe dans Siné Mensuel

lundi 6 novembre 2017 :: Permalien

— REVUE de PRESSE —

Dans Siné Mensuel, septembre 2017.

« La liberté ou la mort ! »

La vraie révolution russe spontanée, fraternelle, enivrante, anti-chefs, anti-flouze, anti-popes, anti-koulaks a réellement eu lieu avant d’être massacrée à la tronçonneuse capitaliste d’État.

Pour bien avoir les yeux en face des troubles qui ont balayé en Russie l’autocratisme tsariste, qui ont ponctué en 1905 et 1917 de balèzes insurrections libertaires ébauchant un monde nouveau et qui ont été dégueulassement vampirisés par le « fascisme rouge » lénino-stalinien, trois livres réellement bien fricassés cavalcadent depuis peu tels des cosaques de la liberté sans mors ni sangles.
Soit deux rééditions choc. Celle de La Révolution russe (1934) de l’ultra passionnant historien anar Voline (éd. Libertalia), un tableau synthétique éperonnant des combats anti-absolutistes dans le pays de 1825 à 1934. Et Makhno une épopée (1972) d’un des principaux chantres de l’illégalisme rouge et noir, Malcom Menzies, qui retrace puissamment chaque épisode de la « makhnovchtchina », une tentative réussie entre 1917 et 1921 de révolution paysanne radicale en Ukraine méridionale acculée pour survivre à livrer bataille à la fois contre les armées blanches, contre les nationalistes ukrainiens puis contre l’Armée rouge commandée par Trotski.
La troisième sortie devrait faire grimper à l’échelle Poutine (le bon peuple retrouvant sa mémoire pourrait se réveiller !), c’est celle de Vive la révolution, à bas la démocratie ! (Mutines séditions), une reconstitution collective costaude des grèves, expropriations, attentats et émeutes qui ont panaché en 1905 l’émergence des premiers soviets hors partis et syndicats.

Noël Godin

Comment peut-on être anarchiste ? dans CQFD

lundi 6 novembre 2017 :: Permalien

— REVUE de PRESSE —

Paru dans CQFD, septembre 2017.

Cap sur l’utopie

« Paris, soulève-toi avec rage et joie » (Tag anti-Loi Travail)

Comment peut-on être anarchiste ? en nos temps cyniques où règne le réformisme « ne réformant jamais rien » demande l’impétueux Claude Guillon dans son recueil d’articles, de tracts et de posts sans merci (2000-2015) portant ce titre que les éditions Libertalia ont eu le cran de sortir. Et l’auteur des cravachants La Terrorisation démocratique (Libertalia aussi) et de Notre patience est à bout (IMHO) de répondre on ne peut plus concrètement et explosivement à sa question tout au long du brûlot : en faisant la révolution, jambon à cornes !, « la révolution étant le projet collectif de la libre association d’individus libres qui commencent à changer le monde dès maintenant ». Effectivement, précise Guillon, « pour que l’utopie soit la sœur de l’action, il est possible de commencer tout de suite, dans chaque mouvement de résistance sociale, à expérimenter de nouveaux rapports : se réunir sans les vieilles organisations, occuper des lieux privés ou publics et en faire des lieux de vie et de libre expression, vérifier dans les risques partagés et les victoires communes que l’on gagne à se connaître ». Et plus loin : « Nous n’avons d’autre choix que nous déclarer nous aussi en état d’urgence. On se bouge. » On se bouge en se ralliant aux insurrections libertaires visant « l’utopie d’un monde sans frontière, sans argent et sans chefs ». S’il est vain, continue le polémiste, de dresser par avance le catalogue des mesures révolutionnaires qui s’imposent, on peut d’ores et déjà établir, « pour donner des ailes à la pensée critique », qu’il ne s’agira pas d’autogérer cette société piteuse mais de la transformer malicieusement, de bannir tout espèce de rapport de pouvoir ou d’autorité, de veiller à ce que la liberté personnelle soit confirmée par la liberté de tous, d’exalter fourieristement les expérimentations amoureuses, ou d’accepter que les assemblées générales souveraines prenant des décisions clés puissent être constituées par les manifestants dans la rue.

Dans cet état d’esprit « tout, tout de suite » et « à la rue de tracer des perspectives audacieuses », on se délecte avec la version papier des fracassantes chroniques internautiques, de mars à août 2016, du journal en ligne lundi-matin@riseup.net, un des meilleurs hymnes que nous connaissions aux débordements séditieux jouissifs (éditions lundimatin, 78 rue de constantine, 76000 Rouen). « Il faut substituer à la fiction d’une société la réalité d’une pluralité de mondes exprimant et incarnant chacun une idée propre de la vie, du bonheur. »

Pas le courage de vous résumer le dernier pensum de Philippe Riviale, le grand spécialiste de Fichte et Heidegger (mais également de Fourier) à ambitions subversives, Abolition de la conscience en civilisation marchande, règne de la valeur (L’Harmattan) qui devrait nous aider à « nous tirer de la torpeur du déjà-là, de la supposée réalité, de l’en-soi du monde ». Contentons-nous d’examiner la note 4 de la page 10 de l’ouvrage décrétant que « vouloir réfuter MM. Rosanvallon, Marcel Gauchet, Luc Ferry, Alain Renault, André Comte-Sponville et d’autres plus déplorables encore est comme essayer de planter un couteau dans du beurre mou ». Une allégation sans fondements scientifiques : je viens de réussir à planter utopistement un couteau à poisson dans une motte de beurre mou. Essayez donc pour voir.

Noël Godin

Six mois rouges en Russie dans Le Monde des livres

vendredi 27 octobre 2017 :: Permalien

— REVUE de PRESSE —

Dans Le Monde des livres, 27 octobre 2017.

« Des féministes à Petrograd »

Les reportages de Marylie Markovitch (Pocket) et de Louise Bryant (Libertalia), ainsi qu’un livre de Jean-Jacques Marie (Le Seuil), racontent la révolution au féminin.

L’une, française, est complètement oubliée. Envoyée spéciale du Petit Journal et de la Revue des Deux Mondes à Saint-Pétersbourg dès 1915, Marylie Markovitch (1866-1926, à l’état civil Amélie de Néry), poète et féministe, parlait aussi bien l’arabe que le perse et le russe. L’autre, américaine, Louise Bryant (1885-1936), socialiste et féministe, reste essentiellement dans les mémoires grâce au livre de son mari de l’époque, John Reed, auteur du célèbre Dix jours qui ébranlèrent le monde (1920 ; il vient d’être réédité en poche en Points et chez Mercure de France, « Le temps retrouvé »), et au film de Warren Beatty, Reds (1981), qui narra leur épopée dans la Russie révolutionnaire. Le livre de Marylie Markovitch est republié à l’occasion du centenaire de la révolution et celui de Louise Bryant est pour la première fois traduit en français. Ces deux témoignages majeurs, opposés et complémentaires, ont en commun un sens du concret rendant à cet événement toute son épaisseur humaine.
« Petrograd bouillonne comme une cuve après la vendange et c’est nous qui sommes le raisin noir », s’enthousiasme Marylie Markovitch, comparant sans cesse les journées de février et le début de la révolution au « grand 1789 ». Ayant ses entrées au palais et s’étant rendue sur les fronts, la reporter du Petit Journal raconte de l’intérieur la fin d’un monde et veut croire que la Russie de Kerenski restera dans la guerre par fidélité à ses alliés, d’autant qu’elle ne croit guère à ce Lénine, « petit homme sans majesté ». Malade, épuisée, elle quitte la Russie à l’été 1917 au moment même où arrive la journaliste Louise Bryant.

De magnifiques portraits
« Je ne suis pas en train d’écrire en tant que socialiste mais comme une profane s’adressant à d’autres profanes », expliquait celle-ci. C’était un esprit indépendant, une féministe fervente aussi, qui brouilla les lignes, par la suite, au point d’épouser un diplomate américain de bonne famille. Ses reportages n’en racontent pas moins le grand rêve révolutionnaire avec finesse et lucidité. Elle va tous les matins à Smolny, d’où Lénine et Trotski organisent la révolution. Le second la fascine davantage, plus humain et d’un abord plus facile que le chef du Parti. Mais, surtout, elle donne toute sa place aux femmes, dressant de magnifiques portraits de Catherine Breshkovski, la « babouchka [grand-mère] de la révolution », aristocrate et « Jeanne d’Arc conduisant les masses vers l’émancipation », ou de la très brillante Alexandra Kollontaï, devenue ministre des Affaires sociales, première femme dans le monde à occuper un maroquin.
La révolution russe fut en effet aussi une affaire de femmes, comme le rappelle l’historien Jean-Jacques Marie dans le premier ouvrage spécifiquement consacré au sujet. Il raconte les héroïnes « populistes » de la génération précédente, les femmes du peuple dans la révolution de 1905, les militantes professionnelles de 1917. Elles furent les grandes oubliées de l’histoire officielle – mais pas seulement. Ce fut pourtant une grande manifestation d’ouvrières du textile dans la banlieue de Saint-Pétersbourg qui donna le signal de la révolution de février.

Marc Semo

Six mois rouges en Russie dans L’Humanité

jeudi 26 octobre 2017 :: Permalien

— REVUE de PRESSE —

Dans L’Humanité, 26 octobre 2017.

« Six mois qui ébranlèrent le monde. »

Traduit de l’anglais par José Chatroussat et publié pour la première fois en langue française, l’ouvrage de Louise Bryant rassemblant la série d’articles qu’elle écrivit au cours de son reportage en Russie entre les mois de septembre 1917 et de février 1918 nous fait entrer dans le vif de la révolution d’Octobre. À lire à la fois comme l’œuvre d’un témoin de premier ordre apportant un regard sensible et original sur les événements et en parallèle aux Dix jours qui ébranlèrent le monde, de John Reed, comme celle d’un acteur de premier plan du mouvement de soutien à la seconde révolution russe. Connue du grand public par le portrait qu’en avait donné Warren Beatty dans son film Reds au début des années 1980, Louise Bryant apparaît à travers les pages brûlantes de ses Six mois rouges en Russie, à l’égal de celui qui fut son compagnon, comme l’une des figures incontournables du journalisme d’investigation. Cent ans après les événements, une traduction vient enfin rendre justice à la journaliste américaine.

Jérôme Skalski

Le Havre la rebelle dans L’Humanité

mercredi 25 octobre 2017 :: Permalien

— REVUE de PRESSE —

Dans L’Humanité du Jeudi 19 octobre 2017.

La métropole des luttes se raconte

Le célèbre poing peint par l’artiste JR sur les conteneurs du port, en écho aux multiples autres brandis par les dockers et portuaires havrais juchés sur les boîtes de fer, aura rarement eu autant de légitimité à être en couverture d’un livre. Jean-Pierre Levaray, ancien ouvrier de la chimie qui raconte son usine et la lutte des classes dans ses chroniques aux accents rouge et noir, donne la parole à celles et ceux qui font bouillir le port et sa ville, avec la complicité de l’union locale CGT. « C’est du Havre rebelle et populaire qu’il est question ici », annonce d’emblée l’auteur. En effet, Le Havre la rebelle se lit comme on bat le pavé lors d’une manifestation, comme on tient un piquet de grève. Du foyer des dockers près de Port 2000 à l’usine Sidel dans laquelle les femmes racontent la lutte, de la rencontre avec Little Bob soutenant les grévistes contre la loi Travail jusqu’au quartier populaire de l’Eure, chaque page respire la combativité, éclaire la nécessaire solidarité, aiguise l’envie de révolte.

Olivier Morin

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