Hors collection

Jean Stern Mirage gay à Tel Aviv

Pour peupler Israël, le fondateur en 1948 de l’État juif, David Ben Gourion, a voulu un nouvel homme. Ce « Juif musclé », selon ses mots, n’aurait rien de commun avec les Juifs maladifs issus des ghettos d’Europe centrale ou ceux arabo-féminisés d’Afrique du Nord. Curieusement, ce sionisme du corps vigoureux a accouché d’une flopée d’homosexuels, pouponnés par une armée de guerre et d’occupation, Tsahal prenant grand soin à s’afficher gay-friendly. Ce fut même la seconde armée au monde à reconnaître des droits aux homosexuels, après celle des Pays-Bas. Et pour Israël, le gay-friendly s’avère une arme de marketing politique efficace, dont use et abuse le gouvernement de droite et d’extrême droite de Benyamin Netanyahou. La récente visibilité de la communauté homosexuelle de Tel Aviv lui a fourni l’opportunité de vendre un mirage rose. Validée au sommet de l’État, qui a investi des dizaines de millions d’euros pour conquérir les faveurs du public gay occidental, cette stratégie, baptisée pinkwashing, continue d’être déployée avec succès. Après Miami, San Francisco ou Ibiza, Tel Aviv est devenue une destination phare des touristes gays occidentaux. À leur retour, ils défendent un modèle qui leur convient.
Et ce faisant, Israël continue ce qu’il a entrepris depuis 1948 : effacer les Arabes de Palestine. Car le pinkwashing à l’israélienne annexe au passage une partie de la sous-culture queer arabo-musulmane. Les « Arabes » font, bien malgré eux, partie de la stratégie marketing et des images qui l’illustrent. Corps, vêtements, attitude, sexe : Israël confisque à son profit le désir de l’Arabe, au cœur des fantasmes homosexuels occidentaux depuis des décennies, des bordels du Nil aux cités de banlieue. Israël a volé les terres des Arabes, et maintenant, leur vole leurs queues.
Mirage gay à Tel Aviv est une plongée dans un Gay Land de fantaisie pour dénouer cette supercherie politique et sexuelle.

L’auteur

Journaliste, cofondateur du Gai Pied en 1979, Jean Stern a travaillé notamment à Libération et à La Tribune. Il a publié en 2012 Les Patrons de la presse nationale, tous mauvais, à La Fabrique. Rédacteur en chef de La Chronique d’Amnesty International, il collabore à L’Instant M sur France inter et à Orient XXI. Se rendant régulièrement en Israël et en Palestine, il écrit Tel Aviv, le mirage gay à titre personnel.

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Parution ; 2 mars 2017
ISBN : 9782918059998