Collection À Boulets rouges

Sébastien Fontenelle Même pas drôle

Philippe Val, de Charlie Hebdo à Sarkozy

Téléchargez librement ce livre au format PDF (385,8 ko).

« Le journalisme, selon Val, qui manque rarement une occasion de prodiguer de sévères (mais justes) leçons d’éthique et de déontologie, doit en théorie s’attacher aux faits, sans bien sûr s’interdire l’analyse, mais en prohibant, tout de même, toute opinion qui serait fondée sur d’autres opinions – sur des présupposés, idéologiques ou autres – plutôt que sur la réalité.
Sa pratique, tout au long de l’évolution qui l’a fait passer en dix ans de la moquerie de "l’Aimé Jacquet de la pensée" à l’intégration du cercle des "amis de Bernard-Henri", fut parfois un peu différente : on ne compte plus les malheureux qui, parce qu’ils avaient commis un crime de lèse-Val en lui portant la contradiction, ou plus généralement parce qu’ils avaient pensé trop à l’écart de la doxa dominante, se sont vu intenter d’extravagants procès d’intention. Au vrai : Val aurait eu tort de se gêner, puisque cette digne et pesée conception de son métier, où les puissants – élus, patrons, éditocrates – n’ont trouvé qu’assez peu de vrais motifs de fâcherie, lui a finalement ouvert un accès vers le firmament de l’audiovisuel étatique, sous le règne, décomplexé, de Sarkozy.
 »

La nomination de l’ex-patron de Charlie Hebdo à la direction de France Inter avec la bénédiction de Nicolas Sarkozy fut en 2009 l’apothéose d’une longue décennie de réalignements idéologiques. Entre 1999 (année de sa prise de position en faveur de l’intervention de l’Otan au Kosovo) et 2009, Philippe Val a en effet amendé nombre de ses points de vue, passant de la gauche altermondialiste à la récitation de psaumes conservateurs. Pour accompagner ce réaménagement, il a tôt mis au point une méthode simple, consistant à disqualifier ses éventuels contradicteurs par des imputations extravagantes. L’éditorialiste qui déclarait naguère qu’« à chaque fois que l’on recule, à chaque fois qu’on est prudent à l’intérieur de nos États de droit, on perd l’estime de ceux qui nous font reculer, ils ne font que nous mépriser car devant eux nous piétinons nos propres valeurs » s’est ainsi gagné assez d’estime, à droite, pour être promu à la direction d’une radio d’État sous le règne de Nicolas Sarkozy – et ce n’est même pas drôle.

L’auteur

Sébastien Fontenelle est journaliste. Il a contribué à l’ouvrage collectif Les Éditocrates (La Découverte, 2009) et publié, entre autres titres, La Position du penseur couché (Privé/Libertalia, 2007).

Sur la toile

- Le blog de Sébastien Fontenelle

Revue de presse

- Silence, décembre 2010.
« Sébastien Fontenelle revient, en analysant le discours de Val et ses arguments sur l’évolution intellectuelle récente de celui qui titrait un de ses éditos de Charlie : “Président, enculé !”, en octobre 2007 et qui finit par virer un humoriste de France Inter trois ans plus tard pour des faits similaires. Un pamphlet peu flatteur. »

- Le Combat syndicaliste, octobre 2010.
« En analysant les déclarations et les droits de réponses de Philippe Val, Sébastien Fontenelle démontre une fois pour toutes l’incohérence, l’hypocrisie, la soif de lécher les bottes des puissants de celui qui fut naguère un insolent chansonnier libertaire. »

Collection À boulets rouges
176 pages - 8 euros
Parution : 8 Septembre 2010
ISBN : 978-2-918059-13-4

Acheter ce livre en ligne